5 choses à écrire dans son carnet de voyage

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Des voyages on rapportait des cartes postales et des clichés qu’on développait et collait dans des albums. Désormais nos appareils numériques sont chargés de centaines de photos que l’on prend rarement le temps de trier. L’écriture est un puissant outil pour fixer la mémoire des atmosphères et revivre un périple. Voici cinq propositions pour tenir le carnet d’un voyage passé, présent ou futur.

Découvrir des sites touristiques ou rencontrer des lieux ?

La cathédrale Notre Dame à Paris, Fisherman’s Wharf à San Francisco, le Colisée à Rome, le parc Guell à Barcelone, le Parthénon à Athènes… On a parfois l’impression de connaître les monuments célèbres avant même de les voir « en vrai » ! Or dans le voyage, il y a l’idée d’une traversée, d’un déplacement. Pour saisir ce trajet intime, je vous invite à sortir des sentiers battus. Quels lieux ont résonné pour vous ? Racontez cette découverte…  

Dans mon Panthéon personnel, il y a les escalators du métro qui plongent dans les entrailles de Saint Pétersbourg, une mystérieuse forêt de conifères sur le Mont Fløyen à Bergen, les fresques de Fra Angelico dans les cellules du couvent San Marco à Florence…

Faire revivre un personnage  

Certaines rencontres brèves se fixent dans notre mémoire. D’autres resteront parce qu’on aura pris le temps de les écrire… Pensez aux personnes que vous avez croisées lors de vos voyages. Ce peut-être un serveur de café, une étudiante qui révisait dans le métro, un enfant qui sortait de l’école en uniforme… Vous n’avez peut-être même pas parlé avec eux, simplement échangé un regard ? Peut-être avez-vous été attiré par un tatouage qui dépassait à peine de la manche d’une chemise, les lacets défaits d’un soulier usé, des mains déformées par l’arthrose…

Plusieurs possibilités s’offrent à vous. Vous pouvez puiser dans vos souvenirs pour écrire en restant aussi proche que possible de la réalité, vous pouvez aussi zoomer sur un détail. Vous pouvez également vous échapper vers l’imaginaire. Cette personne pourrait alors devenir… un véritable personnage de fiction.

Se souvenir des objets 

On n’a pas toujours la place de transporter des objets souvenirs dans sa valise ou son sac à dos. Et à quoi bon se charger puisqu’on peut rapporter le souvenir de ces objets (parfois monumentaux qui ne trouveraient pas non plus leur place chez nous !). Dans ma collection personnelle d’objets de voyage, il y a notamment une coccinelle déglinguée vue dans les rues de Oaxaca au Mexique, les flyers des pièces de théâtre du festival d’Avignon qui pendent oubliés au mois d’août comme des guirlandes qu’on laisse sur le sapin après Noël, le puissant autoportrait de Doris Zinkensein qui trône à la National Portrait Gallery de Londres…

Pensez aux objets associés à un voyage. Des objets que vous avez vus dans une boutique ou un musée, mais aussi des objets incongrus… Puis choisissez un de ces objets et décrivez-le. Voyez où cela vous mène.

Donner à goûter et à sentir

Les cinq sens sont aussi de puissants vecteurs pour raconter un périple … Mais oublions le regard pour un instant. Le dépaysement commence avec les goûts et les odeurs. Remontent alors des ceviches parfaitement assaisonnés, des caviars d’aubergines savoureux et des tajines aux délicates épices… Mais aussi des bricks tellement pimentées qu’on les repousse sur le bord de son assiette. On peut passer vite du plaisir au dégoût. Apparaissent alors le moisi d’une chambre d’hôtel à San Cristobal de Las Casas, l’odeur de graillon qui flotte dans les rayons des supermarchés américains, les relents de chaussettes et de transpiration d’un dortoir de refuge dans le Parc National de la Vanoise… A partir du souvenir d’un plat ou d’une odeur, vous pouvez faire apparaître une atmosphère. Par l’écriture, donnez à voir et à sentir…

Fermer les yeux et écouter 

Les bruits peuvent être aussi des sujets d’écriture. Fermez les yeux et reprenez votre exploration ! Qu’entendez-vous au bord de la Clarée un soir de printemps ? Et sur la grande plage de Saint-Malo un après-midi d’hiver ? Au marché de Wazemmes un matin d’automne ?… Pensez aussi aux lieux qui semblent silencieux. Faire le portrait d’un lieu en se concentrant exclusivement sur les sons est un « exercice » exigeant mais qui peut produire des textes étonnants. C’est une autre manière de dire le voyage.

Ecrire, c’est être attentif au monde…

Pour chaque proposition, vous pouvez commencer par faire une liste pour « secouer l’arbre à souvenirs » comme l’évoque l’écrivain François Bon. Une idée en appellera une autre et ainsi de suite. Vous pourrez ensuite choisir une de ces idées et commencer à écrire sans trop réfléchir… « Dans l’écriture, il y a 90% d’écoute. » écrit Natalie Goldberg dans Les italiques jubilatoires. Cette pratique de l’écriture régulière vous permettra ensuite d’observer plus attentivement le monde qui vous entoure quand vous serez en voyage et au quotidien. Mais c’est une autre histoire !

Il ne vous reste plus qu’à faire l’acquisition d’un carnet (si possible avec un élastique), de le glisser dans votre sac avec un stylo et de partir à l’aventure.

Par
Camille Berta

Camille Berta est rédactrice, autrice et formatrice en écriture. Après une expérience dans la communication et la culture, elle a travaillé une dizaine d’années comme rédactrice pour des sites dédiés à la parentalité et collaboré avec des éditeurs à la conception de collections et de livres. Passionnée par l’art et la littérature américaine, elle anime des ateliers d’écriture autour de l’art et de la nature. Elle intervient notamment auprès d’étudiants et pour l’Alliance Française de Los Angeles.

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