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Une romancière entre les arts

Romancière, Maryline Desbiolles n’en est pas moins une amoureuse des arts, notamment de la peinture, dont on trouve des traces régulières dans ses livres, ainsi que de la poésie. Dans les années 1980-1990, elle a d’ailleurs créé des revues poétiques, « Offset » et « La Métis », chacune ayant eu leur importance en leur temps.

Un dialogue entre peinture et écriture

Sans compter son dialogue avec ces deux arts, c’est toutefois le roman qui révèlera Maryline Desbiolles en 1998 avec La seiche. On y découvrira alors toute la beauté plastique de son écriture, faite de phrases semblables à de longs rubans dans lesquelles les mots s’emballent ou se coupent en se répondant en un rythme, un travail qui a tout à voir avec une démarche poétique. Couleurs et matière nourrissent quant à eux la langue, comme si elle peignait autant qu’elle écrivait.

L’histoire réinventée

Cette écriture, Maryline Desbiolles aime la mettre au service d’événements historiques. Pour autant, elle n’écrit pas de romans historiques à proprement parler. Elle réinvente plutôt de gens et refait des faits réels des dispositifs personnels d’écriture, ce qui fait de chacun de ses livres une fiction à part entière.

Rose la nuit : les inconnues nommées Rose

Née de parents italiens ayant immigré dans le Sud de la France où elle est restée vivre, elle s’attache en particulier aux modestes, aux discrets, aux inconnus, à ceux et celles que la grande histoire oubliera volontiers. On peut citer les premières femmes ayant fait grève à Lyon dans les ateliers de tissage en 1868 dans L’innocupable (il n’y aura pas de sang versé), ou bien le sort des berlins dans le somptueux L’agrafe, pour lequel elle a reçu le prix Le Monde.